Frustration, c’est le parcours sans faute d’enfants sauvages du rock français : des débuts remuants au sein de la bien nommée Happy Family - la clique de rockeurs DIY gravitant autour du disquaire parisien Born Bad -à l'ancrage progressif du groupe dans le milieu de l'underground punk hexagonal et européen, de la montée en puissance au tournant des années 2010 à la mutation du groupe en une véritable force fédératrice de toutes les tribus du rock'n'roll, le groupe a écrit l'un des plus beaux chapitres du rock français et en est devenu l'acteur le plus emblématique. La cause est désormais entendue par tous.
Bracco, sur scène, c’est Loren, qui se tient bien occupé, baguettes en main, devant un assortiment de machines et de synthés. Et c’est Baptiste, guitare au cou, qui chante avec la conviction rare de ceux qui se rentrent le micro dans la bouche pour que les mots sortent mieux. S’être pété la rétine sur les VHS des Cramps doit aider. Son bagage garage (Los VV’s) informe le jeu de gratte âpre et précis. Baptiste gère la verticalité, Loren l’espace et les horizontales : ça érige solide même si c’est technique schlag, visseuses et bois de palette, on sent qu’ils visent haut.