Ils sont des centaines, des milliers aux concerts de La Rue Kétanou. Des centaines, des milliers, des fidèles, des avertis, des curieux, des convertis. Toujours disponibles pour les retrouvailles. Toujours prêts à marcher dans les refrains et les vers émancipés. Et tout est là, dans cette histoire que racontent le groupe et le public, dans ce partage complice qui continue de jouer les prolongations depuis plus de deux décennies. Un groupe reconnu et respecté pour son esthétique et sa probité. Liberté de ton. Liberté d’inspiration. Liberté de temps aussi. Mais on ne lâche jamais une cordée chez La Rue Kétanou : on s’y attache. Parfois, on la détend seulement pour satisfaire d’autres élans, ouvrir d’autres portes, expérimenter d’autres transmissions.
Florent Vintrigner, plume-maison et boussole sensible, est de ceux qui écrivent pour tenir debout : il façonne les textes comme on taille des éclats de vie, avec ce mélange de pudeur et de mordant qui fait la signature du groupe. L’hyperactif Mourad Musset, lui, ajoute des chapitres comme d’autres empilent des kilomètres. Quant à Olivier Leite, fidèle compagnon de route, il n’a jamais cessé d’élargir le terrain de jeu. Et puis il y a eu la fraîcheur de Pierre Luquet, qui rejoint le groupe en 2016. Pour le prochain album et les prochaines tournées, la cordée s’élargit encore : un cinquième membre, un électron libre, Narjess Saad.