Samedi 31 Juillet 2021 - 21:00

SILLY BOY BLUE - KALIKA

LA COOPERATIVE DE MAI Grande Salle Placement libre Assis

LE TARIF GRATUIT EST RESERVE AUX MOINS DE 14 ANS. UN JUSTIFICATIF SERA DEMANDE A L'ENTREE.


La chanson Silly Boy Blue a été enregistrée en mai 68 par un jeune chanteur inconnu : David Bowie. Ana Benabdelkarim partage avec lui ce goût du risque, cette prise de liberté avec les conventions. Cette mélancolie joyeuse résonne encore très fort dans les rêves de la jeune chanteuse, compositrice, multi-instrumentiste et productrice déjà repérée au sein des Nantais Pégase. En solo, Silly Boy Blue offrait clés en mains dès son premier EP, le plantureux But You Will, un univers personnel et affirmé. Emmêlant sensuellement, langoureusement instruments acoustiques et diableries électroniques, elle se montre plus à l'aise dans un humble maximalisme que dans un minimalisme qui ne saurait contenir ses désirs de fugues, d'outre-pop. Ce qui frappe dans ses chansons : leur méticulosité, leur musicalité, et la mélancolie en special guest. Mêlant voix envoûtante et rythmiques aériennes, le single « Hi it’s me again », prémices d’un nouveau projet à paraitre, est une invitation à plonger dans son univers pop teinté de romantisme noir.

Affirmative et combattante, la voix de KALIKA fait l'effet d'un coup de poing dans un gant de velours. Bam ! Le titre La Chaudasse est à l'image des trois autres morceaux de son premier EP : ça déménage sec mais toujours avec dextérité. Les paroles crues racontent les histoires d'amour et de sexe tumultueuses d'une jeune féministe de 23 ans. « Est-ce que tu dors ? Je me sens très seule » lâche-t-elle à un ex-compagnon trompé sur Tu fais la gueule. « Ne mets plus tes doigts dans mes fesses, ne m'appelle plus ta tigresse/L'été est mort il est parti, le ciel est gris c'est déjà fini. » roucoule-t-elle sur L'Été est mort, enjoignant au dénommé Hector « d'arrêter de s'accrocher ». Seul écart : le morceau Avec les gars, manifeste sur lequel KALIKA parle de mendicité dans le métro et de mépris à tous les étages : « On n'a pas de visa, pas de visage, on ne vaut plus rien /T'étonnes pas si on a la rage. » Fracassantes, les mélodies electro-pop invitent moins au spleen qu'au lâcher-prise cathartique, voire à une jouissive hystérie collective sur un dancefloor détrempé. « C'est un cri » résume-t-elle très bien. Comme une gifle suivie d'une caresse, ajouterait-on. Bourrée d'angoisses, elle écrit pour aller mieux, lorsque l'urgence du hurlement la prend, l'agrippe, lorsqu'elle ne peut s'en défaire qu'en l'emprisonnant dans un morceau. De nuit puisque c'est là que le silence se fait enfin. Alors KALIKA la couche-tard compose dans le petit studio qu'elle s'est aménagée dans son appartement parisien. Celui-là même qu'elle partage désormais avec Balthazar, son guitariste qui lui donne un solide coup de main sur la mise en œuvre de son projet.

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